CNJU : "Il faut clarifier l’offre de formation et fédérer les 20 000 urbanistes de France"
Interview parue dans le Moniteur du 26 avril 2013 (Cliquer sur l’image ci-dessous pour l’agrandir)
Au delà de l’étude faite par le CNJU sur l’offre de formation et de ses incohérences, la question de la reconnaissance du métier d’URBANISTE en France est à nouveau posée.
Il est vrai qu’elle tarde à venir et l’atomisation de la représentation de la profession, au travers d’un nombre important d’associations qui se revendiquent toute légitime pour la défendre, complexifie beaucoup les choses.
La fait que les jeunes urbanistes ne puissent pas passer le concours d’ingénieur territorial n’est pas satisfaisant. Qu’ils doivent désormais passer le concours d’attaché territorial pour se faire titulariser, et ils et elles sont de plus en plus nombreux(ses) à le faire, ne peut pas non plus nous satisfaire.
La reconnaissance de l’urbaniste en France et dans la FPT mais aussi dans la fonction publique d’Etat ne passera pas, dans mon analyse tout à fait personnelle, par le droit de s’inscrire concours d’ingénieur puis d’y être nommé après réussite aux différentes épreuves.
Car, face au lobbying puissant des ingénieurs dans la FPT et dans la FPE, un urbaniste, nommé ingénieur sera reconnu avant tout comme ingénieur et non pas Urbaniste. Les collègues qui se sont fait qualifiés savent, tout comme moi que d’obtenir la qualification n’apportent rien dans l’exercice quotidien de ses missions d’urbaniste dans la FPT. Tout au plus, est-elle utile lorsque les urbanistes (mais aussi les architectes, géomètres géographes etc etc) des bureaux d’étude que l’on rencontre le sont (qualifiés) et qu’il y a alors communauté d’intérêt et reconnaissance mutuelle : mais il faut encore obtenir une égalité de reconnaissance selon les modes d’exercice, ce qui n’est pas encore acquis.
La reconnaissance de l’urbaniste dans la fonction publique territorial passera nécessairement par la création d’un grade d’Urbaniste Territorial ou il pourra pleinement exercer librement ses missions pour mettre en oeuvre les orientations politiques voulues par les élu(es) pour l’aménagement de leur territoire. Cela pourrait se faire dans le cadre d’une filière plus large des "métiers de la ville", avec les paysagistes notamment.
Je souhaite que l’acte III de la décentralisation soit une occasion privilégiée pour avancer la reconnaissance du statut de l’urbaniste privé ou public en France.
C’est l’espoir que nous conservons à la lecture que le candidat Hollande nous avait fait après une rencontre avec lui durant la dernière campagne Présidentielle. (cliquer sur l’image pour l’agrandir)
Je terminerai simplement en citant François Ascher qui dans son Lexique de la ville plurielle" précisait que l’urbanisme est plutôt " un champ de pratiques professionnelles variées qui mobilise des savoirs et des modes d’actions diversifiés".
Eric RAIMONDEAU Vice Président d’Urbanistes des Territoires
Ingénieur Territorial -Urbaniste autodidacte qualifié OPQU Titulaire d’un master Villes et Territoires délivré par l’université de Nantes.







