La qualification des urbanistes dans la Territoriale
Par Laurence Cormier, Bernard Lensel et Eric Raimondeau, Urbanistes des Territoires
Si dans les pays anglo-saxons, la profession d’urbaniste est reconnue, en France, par contre, jusqu’en 1998 elle ne l’était pas.
Tout le monde pouvait donc se dire urbaniste sans véritablement l’être.
Pour remédier à cette situation, des associations d’urbanistes (dont Urbanistes des Territoires) ont créé l’Office Professionnel de Qualification des Urbanistes (OPQU) en 1998 avec le soutien de l’Etat et de l’Association des Maires de France, en s’inscrivant dans le cadre de la Charte Européenne des Urbanistes.
Les urbanistes exerçant dans tous les modes d’exercice peuvent donc se voir délivrer, à l’issue d’une démarche qui peut sembler lourde (constituer un dossier, l’envoyer, payer x euros, se rendre à une audition, puis après 5 ans, la durée de validité ayant expiré, il faut déposer un dossier de demande de renouvellement), une qualification. Celle-ci reconnaît leur expertise et leurs compétences dans le champ du développement urbain.
C’est aussi une garantie d’avoir de véritables urbanistes et non pas des ingénieurs, des géomètres, des techniciens, des architectes et juristes se disant urbanistes mais sans compétences ni expérience véritables dans ce domaine.
Plus de 10 ans après sa mise en place, le nombre d’urbanistes qualifiés stagne à environ 600 membres seulement sur le territoire national. Ce faible nombre porte interrogation.
Il n’est pas très étonnant que la qualification soit mal connue des professionnels territoriaux de l’urbanisme. Et beaucoup ne voient pas l’utilité de s’engager dans cette procédure qui résulte avant tout d’une démarche facultative, personnelle et basée sur le volontariat. Actuellement, les maires recrutent les urbanistes principalement en fonction des diplômes, de l’expérience puis du statut de fonctionnaire. Et si la qualification des urbanistes est connue de certains élus, elle n’est pas vraiment un critère de sélection.
En effet, elle n’apporte pas grand-chose aux territoriaux (bonus de carrière, reconnaissance dans la structure, reconnaissance des problèmes particuliers, etc).
Avec le recul le dispositif actuel de qualification semble plutôt mieux adapté aux professionnels exerçant à titre libéral dans leur rôle de concepteur de la Lire la suite →