Autorisation du droit des sols et financement des extensions ERDF
par Eric Raimondeau Urbaniste Qualifié OPQU Vice Président Urbanistes des Territoires
Obligatoire depuis le 1er janvier 2009, la consulation des services d’ERDF dans le cadre de l’instruction des Autorisations du Droit des Sols (ADS) suscite toujours des interrogations et des difficultés notamment sur le mode de financement des extensions de réseaux à mettre en œuvre.
L’obligation de consulter ERDF depuis le 1er janvier 2009 :
C’est à la collectivité qui délivre l’autorisation d’urbanisme de consulter ERDF dans le cadre de l’instruction. Elle est désormais débitrice des travaux nécessaires à l’extension ou au renforcement d’un réseau EDF. Suivant la répartition des compétences, la consultation peut, aussi suivant les cas, relever soit d’une intercommunalité, soit d’un syndicat d’électrifcation.
En cas d’extension de réseau, les textes en vigueur offrent la possibilité à la collectivité de répercuter au demandeur du permis de construire, d’aménager ou de la déclaration préalable, et sous certaines conditions, le cout des travaux, par différents dispositifs de participations comme la Participation Voirie et Réseaux.
Mais, la prise en charge financiere des travaux d’extension peut aussi passer simplement par l’application stricte de larticle L 332-15 du code de l’urbanisme et notamment par l’application de son 3ème alinéa qui stipule : .
«L’autorisation peut également, avec l’accord du demandeur et dans les conditions définies par l’autorité organisatrice du service public de l’eau ou de l’électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d’eau ou d’électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n’excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d’autres constructions existantes ou futures.
L’imputation au demandeur des frais liés à une extension de réseau rendue nécessaire par un projet ne peut donc se faire que dans le respect de conditions restrictives et cumulatives.
Pour ce faire, il convient donc de s’assurer que :
Æ L’accord du demandeur a été obtenu avant la délivrance del’arrêté
Æ Le raccordement n’excède pas cent metres sous la voirie publique
Æ Le réseau est dimensionné pour correspondre aux besoins du projet
Æ L’utilisation de l’extension est à l’usage exclusif de celui-ci.
Æ Réservé aux réseaux d’eau et d’électricité
Une instruction complexifiée des demandes d’autorisations de construire :
Face à ces contraintes, le mode de financement des extensions doit être anticipeé en :
1) Examinant attentivement les certificats d’urbanisme opérationnels pour lesquels ERDF donne des informations sur les conditions de desserte du terrain mais sans en préciser le coût
2) Incitant le demandeur à indiquer la puissance nécessaire pour alimenter son projet.
3) En transmettant rapidement les éléments de consultation, non obligatoire au titre de la législation applicable, à ERDF pour se prononcer sur les conditions de desserte du projet (Art R423-50 du C urb)
ERDF doit répondre dans les meilleurs délais et sous un mois maximum (art R 423-59 C .Urb) Suivant la réponse fournie, la position à tenir face à l’avis dERDF peut se traduire de la manière suivante :
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