Le Projet Urbain Partenarial (PUP)
Eric RAIMONDEAU Urbaniste Qualifié OPQU, intervenant CNFPT, Consultant . Article paru dans la revue Technicité N° 183 du 8 février 2010.
L’article 43 de la loi de Mobilisation pour le Logement et la Lutte contre l’Exclusion, (MOLLE) désignée aussi loi Boutin du nom de la ministre du logement lors de la publication de la loi le 25 mars 2009, a institué le PUP, pour financer des équipements publics à réaliser lors d’une opération d‘aménagement.
D’application immédiate, ses dispositions sont insérées aux articles L 332-11-3 et L 332-11-4 du code de l’urbanisme.
Les conditions d’application de ce nouvel article :
Depuis la loi d’Orientation Foncière de 1967, et l’institution la Taxe Locale d’Equipement (TLE) , aux lois Aménagement de 1985 qui créent le Programme d’Aménagement d’Ensemble (PAE), la collectivité prescrivait la mise en place de la fiscalité de l’urbanisme de manière unilatérale puis l’imposait aux aménageurs et constructeurs. Seules ces catégories d’acteurs de l’aménagement se trouvaient en face de la collectivité.
Les nouveaux articles définissent un cadre qui fait évoluer le mode de gouvernance qui guide la mise en place d’un financement d’équipements publics.
« Dans les zones urbaines et les zones à urbaniser délimitées par les Plans Locaux d’Urbanisme ou les documents d’urbanisme en tenant lieu lorsqu’une ou plusieurs opérations d’aménagement ou de construction nécessitent la réalisation d’équipements autres que les équipements propres mentionnés à l’article L 332-15,, le ou les propriétaires de terrains, le ou les aménageurs et le ou les constructeurs peuvent conclure avec la commune ou l’EPCI compétent en matière de Plan Local d’urbanisme ou le représentant de l’Etat (….) une convention de projet urbain partenarial prévoyant la prise en charge financière de tout ou partie de ces équipements »
A la lecture de cet article, il est tout d’abord surprenant d’un premier abord de pouvoir conclure un PUP dans des zones urbaines alors qu’en général ces zones sont suffisamment équipés. Elles ont été généralement classées comme telles dans le respect de l’article R 123-5 qui stipule que « peuvent être classés en zone urbaine les secteurs déjà urbanisés et les secteurs ou les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter.
De même, la notion d’opération d’aménagement ou de construction n’est pas clairement définie par le texte.
Que sous entend cette locution d’opérations d’aménagement? Peut il s’agir de la simple construction d’une maison ou de quelques maisons au nombre réduit ou d’une opération de plus vaste envergure ? La dénomination Projet Urbain semble sous entendre un lien avec une opération d’envergure.
Ce nouvel article intègre désormais une nouvelle catégorie d’acteurs au travers des propriétaires de terrains. Nous y reviendrons plus loin dans cet article mais l’intérêt de ce dispositif est de savoir sur pourra lutter contre la rétention foncière.
« Cette convention ne peut mettre à la charge des propriétaires fonciers, des aménageurs ou constructeurs que le coût des équipements publics à réaliser pour répondre aux besoins des futurs habitants ou usagers des constructions à édifier dans le périmètre fixé par la convention ou, lorsque la capacité des équipements programmés excède des besoins la fraction du coût proportionnelle à ceux –ci »
La convention fixe les délais de paiement. La participation peut être acquittée sous forme de contribution financière ou d’apports de terrains bâtis ou non bâtis.
C’est donc un véritable nouveau mode de financement qui est institué par cet article de loi. Une nouvelle contribution d’urbanisme est donc mise en place. Ce n’est ni une redevance ni une taxe et qui de fait est déjà dénommé participations.
Ce qui est novateur c’est qu’Une nouvelle catégorie d’acteur apparait pleinement prise en compte celle des propriétaires de terrain. Jusqu’à présent seuls étaient concernés les constructeurs et les aménageurs
Mais Comment ce nouveau mode va-t-il trouver une place parmi tous les dispositifs existants parmi le code de l’urbanisme. Quels sont les caractéristiques qui pourraient le mettre en exergue par rapport aux autres dispositifs ?
Dans le PAE, le préfinancement des travaux n’est pas possible. La commune avance des fonds pour les commencer sans savoir à quelle échéance elle recouvrera la totalité des recettes ni qu’elle en sera le montant final. Le calcul de la participation est assis sur une quotité de SHON qui peut dans le temps s’avérer aléatoire surtout si l’aménageur s’avère défaillant.
Au cours des débats parlementaires, le législateur a décidé de maintenir ce dispositif dont le champ d’application diffère de celui du PUP. En effet de l’application du L 332-9 il ressort que le PAE peut aussi être mis en œuvre dans les communes sans PLU ou c’est le Règlement National d’Urbanisme (RNU) qui s’applique.
Une évolution notable s’est produite avec La Participation pour Voirie et Réseaux (PVR) issue des lois Solidarité et Renouvellement Urbain de 2000 et Urbanisme et Habitat de 2003.
En effet, La PVR est certes exigible lors de la construction mais, comme le permet l’article L 332-11-2 ? « … les propriétaires peuvent conclure avec la commune une convention par laquelle ils offrent de verser la participation avant la délivrance d’une autorisation de construire »
En réalité, cette convention est rarement mise en œuvre. Les propriétaires souhaitent vendre leurs terrains rapidement, au prix le plus fort, et laisser à leurs acquéreurs la charge du suivi des travaux de viabilisation en lien avec les services techniques des villes.
Reste qu’après avoir signé le compromis de vente du terrain et obtenu l’arrêté de permis de construire, nombre d’acquéreurs se désistent car cette participation renchérit considérablement le prix du foncier et par voie de conséquence le coût global de leur opération immobilier.
Et le propriétaire initial se retrouvent avec son terrain pour lequel il ne trouve pas preneur car bien souvent il refuse de diminuer de prix de vente au m² tout ou partie du montant de la participation.
La souplesse d’un nouveau cadre contractuel :
Le PUP ouvre une première porte vers une négociation contractuelle de l’aménagement entre une collectivité compétente en matière de Plan Local d’urbanisme (PLU) et les aménageurs ou constructeurs et/ou les propriétaires fonciers qui prendront en charge tout ou partie «des équipements publics à réaliser pour répondre aux besoins des futurs habitants »
Le contenu de la convention comprendra entre autres :
1) Le périmètre, s’il y en a un, couvert par la convention
2) Les équipements d’infrastructure et de superstructure à réaliser et leur coût.
3) Le niveau du montant de la prise en charge financière par le(s) contractant(s) de la convention
4) La forme de la participation : financière ou en apport de terrains bâtis ou non
5) Le faite générateur et les échéances de paiement des participations
6) Le délai d’exclusion de la TLE des constructions à édifier à l’intérieur du périmètre sans pouvoir excéder 10 ans.
La collectivité pourra y intégrer d’autres éléments comme par exemple celui d’obtenir des garanties financières en cas de défaillance du contractant.
En revanche, la participation ne pourra pas se faire sous forme de travaux puisque dans ce domaine le droit européen impose une mise en concurrence.
Dans le PUP, les équipements ne sont pas réalisés par l’aménageur ou le constructeur mais par la collectivité. Il n’y a donc pas de transfert de la maîtrise d’ouvrage.
La collectivité connaît donc par avance l’acteur qui lui assurera des ressources financières affectées budgétairement aux équipements à réaliser. Le calendrier de versement lui permettra de commencer les travaux après avoir reçu une première avance financière.
Des gardes fous juridiques :
Une des craintes liée à la mise en œuvre de ce dispositif réside dans lez exigences déraisonnables que pourraient tenir certaines collectivités à l’égard des cocontractants. En cas de refus de prendre en charge un montant plus élevé qu’il ne le devrait, la collectivité pourrait argumenter en se prévalant d’un refus de permis de construire à venir. Mais des gardes fous juridiques existent.
D’abord le lien direct qui doit exister entre la participation reçue par la collectivité et les équipements publics à réaliser.
Ensuite le lien de proportionnalité par lequel on ne peut exiger de financer que les équipements publics répondant au besoin de habitants.
Mais aussi le principe de non cumul qui fait qu’un équipement public financé par un PUP ne pourra donner lieu à une autre participation spécifique.
Enfin dernière précaution pour éviter tout dérapage, le droit à répétition de l’indu par lequel « les taxes et contributions de toutes nature qui sont illégalement obtenues ou imposées sont réputées sans cause ». (voir encadré)
Financement de l’urbanisme négocié :
En matière de fiscalité de l’urbanisme, il n’y a pas de dispositifs idoines. Le mieux adapté sera déterminé à l’issue d’une démarche projet faite d’études de faisabilité techniques et économiques à l’aune d’éléments tenant compte de la spécificité du projet et des acteurs qui y participent.
Ce dispositif vise aussi à diminuer la rétention foncière des propriétaires privées Il se veut incitatif à leur égard. Les collectivités devront donc évoluer pour apprendre à travailler en association directe avec eux dans la mise en oeuvre d’un aménagement urbain négocié. De leur coté, ils devront accepter les orientations politiques d’aménagement sur le secteur, dont ils sont propriétaires, pour qu’il soit ouvert à l’urbanisation.
Conclusion :
Le PUP, qui n’est ni une opération d’aménagement, ni une procédure d’urbanisme illustre cette tendance libérale de dérégulation et de libéralisation des carcans qui pèsent sur les procédures administratives dans le champ de l’urbanisme.
Les élus devront s’emparer de cette nouvelle alternative aux participations déjà existantes. Un urbanisme négocié libérera plus de foncier pour construire plus de logements, notamment sociaux, et combler ainsi le manque cruel qui existe pour accueillir les familles les plus défavorisées.
Un prochain décret précisera les modalités de signature et de publicité de la convention.
NB : Deux exemples de conventions peuvent être mis à votre disposition. Laisser votre demande sous forme de commentaires.
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Action en répétition et registres des participations « L’action en répétition de l’indu se prescrit par cinq ans à compter du dernier versement ou de l’obtention des prestations ». Elle est ouverte tant que les participations ne sont pas inscrites sur les registres prévus à cet effet (L332-29 et R 332-41 et R 332-42) ainsi qu’aux acquéreurs successifs. Les sommes à rembourser portent intérêt au taux légal majoré de cinq points. Compte tenu que le PUP relève de la collectivité compétente en matière de PLU, il appartiendra aux intercommunalités compétentes en la matière, d’ouvrir un registre dès l’approbation de la convention pour prévenir tout recours contentieux. |
Eric RAIMONDEAU Urbaniste qualifié OPQU, Administrateur au CFDU


Bonjour,
Je travaille actuellement sur un projet de convention PUP pour une Commune. Aussi votre article m’a permis de mieux cerner certains aspects du PUP. Vous seriez-t-il possible de me transmettre les deux exemples de conventions que vous citez en ‘NB’ ?
Merci par avance,
Cordialement,
P. P.
Je vous envoi un modéle que j’ai pu me procurer par votre messagerie.
Quel est le véritable intérêt du PUP pour un propriétaire foncier
Plutôt que la vente de son terrain à un aménageur ?
Merci d’avance pour votre réponse
M.MEUNIER
L’attrait du dispositif PUP réside dans le fait que sa mise en oeuvre peut être sollicitée par des propriétaires de terrains privés qui sont constructibles dans le PLU applicable .
Cette opération privée, sous forme de permis d’aménager par exemple, qui présente un intérêt pour la commune génèrera des équipements d’insfrastructures ou de superstructures dont tout ou partie pourra être pris en charge par l’opération. Attention aux respect des principes juridiques : lien direct, proportionalité, non cumul etc.etc.
L’intérêt du PUP réside donc dans le fait qu’il sagit d’un dispositif contractuel, souple librement négocié. Il peut permettre à la commune de toucher des recettes plus élevées qu’avec la seule TLE. De plus et contrairement aux autres dispositifs notamment PAE ou PVR,l’échelonnement des versements peut permettre à la collectivté d’envisager d’obtenir un préfinancement du début des travaux qui restent de toute façon sous maitrise d’ouvrage de la collectivité. La détemination de son montant ne repose pas sur de la SHON, ou un programme de construction.
Le versement de la participation n’est pas comme le PAE ou la PVR, générée par le permis de construire. On peut donc penser que le nombre de contentieux sera moindre qu’avec le PAE. Le promoter paie sa participation et libre à lui dela répercuter comme il le veut sur le cout des terrains viabilisés qu’il vendra ensuite.
Bonjour,
nous sommes un territoire rural de l’arrière pays boulonnais, avec un projet de béguinage sur un terrain d’un privé.
Pourriez-vous nous faire passer vos documents type afin de voir mieux si le PUP peut convenir à notre situation ?
Vous en remerciant par avance et restant à votre disposition si vous souhaitiez plus de précisions.
Avec mes sincères salutations
Bonjour,
Nous souhaitons signer un compromis de vente avec des propriétaires de terrains qui ont signé une convention de participation à un PUP dont le début des travaux est prévu en mai prochain.
Pouvons-nous demander à la Mairie un différé de recouvrement des participations programmées 1/3 début des travaux – 1/3 à 6 mois et 1/3 à la date d’achèvement (prévu fin novembre 2012). Notre notaire nous conseille de ne pas avancer de fonds avant la signature de l’acte authentique, c’est à dire après la levée des clause suspensives du compromis dont notamment l’obtention d’un permis de construire que l’on ne pourra obtenir qu’à la date d’achèvement des travaux du PUP.
Nous proposons un paiement unique de la participation (montant environ 400 KE) dans les 30 jours après réception de la date d’achèvement du PUP. La Mairie a obtenu un prêt relais pour l’ensemble des travaux (1.300 KE). Merci de nous faire part de vos sugestions ou solutions
Le PUP a été signé avec des propriétaires privés. Il s’impose à vous.
Une rénégociation avec la mairie comme nouvel intervenant dans le dispositifs générera un avenant à la convention et donc une novelle délibération.
1/3 au début des travaux permet à la commune de les préfinancer.
Pour les fonds : de toute façon la mairie ne commencera lestravaux que lorsqu’elle vous aura accordé votre permis.
1) il vous faut obtenir votre permis
2) signer votre acte
3) verser le premier versement
Responsable du développement économique de la Communauté de communes de l’Ile d’Oléron je souhaiterais recevoir un modèle de convention de PUB.
Actuellement étudiante en Urbanisme et Aménagement du Territoire, j’effectue un devoir scolaire sur le Projet Urbain Partenarial.
Dans ce cadre, serait-il possible de recevoir les modèles de convention dont vous faites part dans votre article?
Serait-il également possible de vous poser des questions plus poussées sur le PUP pour en connaître un peu plus sur le sujet?
Meilleures salutations.
JE VOUS TRANSMETS des modèles début de semaine prochaine.
Ensuite n’hésitez pas à m’appeler pour en reparler.
Votre article est tres intéressant ! Merci d’avance pour l’envoi d’un modèle de convention PUP. Salutations distinguées . MM
Bonjour,
1/ Nous devons signer un PUP, et on nous demande de payer 30 000 euros sur 46696 euros pour la réfection d’une route;
15 maisons sortent actuellement sur cette route, et 4 sortiront en plus, donc 1/5,
donc 19 ou 20 maisons au total profiteront de la renovation de la route.
le calcul est-il équitable?
Nous ne devrions pas plutôt payer 9300 euros, 1/5eme de la somme totale?
2/ Si je refuse de signer ce PUP car je désire avoir le seul terrain déjà construit, les autres co-signataires le signeront sans moi et on détachera le terrain me revenant, ou ça bloque tout??
Bonjour,
Nous devons signer un PUP en indivision.Il faut 46696 euros au total pour la réparation de la route, et nous devons payer 30 000 euros… 15 maisons sortent actuellement cette route, et nos 4 maisons sortiront en plus, donc 1/5, au total 19 ou 20 maisons profiteront de la renovation de la route.
Le calcul est-il équitable ou faudrait il mieux payer seulement 9300 euros, 1/5eme de la somme totale?
Si je refuse de payer ce PUP, en demandant de réduire le périmètre projeté du PUP pour exclure le terrain concerné du projet d’aménagement,
je bloque tout ou pas?
Merci pour votre réponse, c’est vraiment difficile ce contrat…
Cordialement,
La mise en place d’une convention PUP est le fruit d’une négogciation contractuelle entre les différenste spartie.
Donc tout ce que vous évoquez dans vos propos doit être énoncé dans les discussions que vous avez avec les différenst cosignataires de cette convention. Au risque bien sur de faire échouer les conclusions.
A vous de vous montrez raisonnable dans vos exigences et convaincants dasn votre argumentaire.
A la lecture de vos propos et sans connaître le contexte global de cette opération, le montant de la participation de chacun doit être évaluée de façon globale.