Projet de loi Création : les urbanistes contre l’obligation de recourir à un architecte pour le permis d’aménager un lotissement – Localtis.info – Caisse des Dépôts


Plusieurs fédérations représentant les professionnels et les chercheurs en urbanisme (*) ne veulent pas que le recours à un architecte devienne obligatoire pour les

Source : Projet de loi Création : les urbanistes contre l’obligation de recourir à un architecte pour le permis d’aménager un lotissement – Localtis.info – Caisse des Dépôts

Source : Ainsi qu’un document d’information transmis par Philippe Druon Président du Conseil Français des urbanistes.

 Commentaire : On peut bien sur regretter que cet article ait été inséré de manière précipité dans la loi « liberté de création architecture et patrimoine » sans aucune concertation avec l’ensemble des acteurs qui interviennent dans un projet d’aménagement. C’est contraire à la démocratie participative que l’on pourrait attendre de la ministre de la culture
Cependant il faut bien admettre que dans la réalité de tous les jours lorsqu’une opération d’aménagement est en cours d’étude ou en phase de réalisation ce sont des architectes qui pilotent le déroulement de la procédure en lien avec les services des villes et des élus.
D’ailleurs quand une ville retient une équipe de concepteurs, c’est souvent en référence à l’architecte de renom qui la dirigera et dont la signature anticipe déjà l’assurance presque certaine pour les élus d’une qualité dans la réalisation du travail attendu.
Dans ces équipes, l’architecte est architecte ET urbaniste. Ce dernier qualificatif sert à revaloriser sa fonction première. L’urbaniste en France tient souvent le second rôle et rares sont ceux qui peuvent se prévaloir de ce seul qualificatif pour exercer.
Les urbanistes, comme nous, devraient regarder quelques dizaines d’années en arrière. Si nous en sommes arrivés à cette situation c’est principalement en raison du fait que nos aînés, il y a quelques décennies, n’ont pas su prendre le train de la reconstruction d’après guerre.
Il suffit de s’intéresser à l’histoire de la reconstruction des villes détruites par les bombardements ou la construction des grands ensembles destinés principalement à faire face à la crise du logement social en France et à la poussée démographique d’après guerre pour se rendre compte que ce sont avant tout des architectes, qui sont intervenus dans ces opérations d’envergure. Des architectes qui s’affublaient du qualificatif d’urbaniste mais qui restait avant tout architecte pour mettre en œuvre, dans l’esprit hygiéniste de l’époque, les principes de la charte d’Athènes inspiré par un dogme très corbuséen.
Les urbanistes se débattent donc pour que leur profession soit enfin reconnue a sa juste valeur. Mais le lobbying nécessaire devrait se faire au travers d’instances représentatives fortes et unies. Or il n’en n’est rien. Dans sa représentation, la profession est très atomisée, les batailles d’influence et les egos personnels rendent toute action commune difficile.
Le CFDU doit être l’instance idoine pour ce faire, mais force est de constater que son nombre d’adhérents est faible face à tous les urbanistes de tout exercice qui devraient en être membre.
Heureusement de nombreux jeunes se dirigent vers des formation universitaires de qualité dans le domaine de l’aménagement et de l’urbanisme. Quand ils rejoignent le marché du travail (quand ils en trouvent), ils sont bien formés. Ils exercent ainsi soit en privé, soit dans la fonction publique principalement territoriale.
Certains feignent de ne pas le reconnaître, mais il y a aussi des urbanistes dans la fonction publique et ils sont même très nombreux (de l’ordre de 30% des professionnels recensés en France). Ils assurent des fonctions de chef de projet ou de chargé de mission auprès de la maîtrise d’ouvrage représentée par les élus. Mais ils travaillent dans le plus grand isolement et ils sont trop ignorés par leurs collègues d’autres exercices. Si on prend le processus de qualification des urbanistes, il est difficile pour un urbaniste de la territoriale d’obtenir le label OPQU, car le dossier n’est pas adapté aux fonctions et aux missions des urbanistes de la fonction publique quelle soit d’État ou Territoriale.
Mais il faut garder confiance. Les urbanistes qui sortent fraîchement de nos universités savent se regrouper et ont une ambition forte pour faire reconnaître le métier pour lequel ils ont consacré plusieurs années d’études. Nul doute que leur énergie doublée de l’expérience de plus anciens finira par aboutir à la reconnaissance et à la valorisation du métier d’urbaniste.
Rédigé le 2 décembre 2015.

Commentaire : Eric RAIMONDEAU Urbaniste OPQU

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