Aéroport Notre dame de landes : une manifestation pour la protection de l’environnement qui a mobilisé.


Ce samedi 27 février 2016 les anti-aéroport Notre Dame des Landes manifestaient à nouveau pour s’opposer à la réalisation de cet équipement qui doit structurer tout le grand ouest dans le domaine du transport aérien. Pour la petite histoire on rappellera simplement que ce projet a été relancé, sans doute avec l’aide et l’insistance de Jean Marc Ayrault qui a mis et met encore tout son poids politique dans ce projet, au début des années 2000 par Dominique Voynet alors ministre (écologique) de l’environnement au sein du gouvernement Jospin.

Incapable, et c’est bien regrettable de sa part,  de prendre une décision sur la poursuite et l’engagement ou l’arrêt total  des travaux nécessaires à cette infrastructure, le Président de la République a annoncé le 11 février, sans plus de détails, la tenue d’un référendum dont la date reste à fixer.

Pour les opposants, ce référendum à la légitimé contestée les rend sceptique. En effet quel est sa légalité et ne risque -t-il pas d’être l’objet de recours juridiques? Mais la grande question qui fait débat c’est le périmètre sur lequel se tiendra cette consultation. Se fera-t-elle sur le seul périmètre du département de Loire Atlantique, de la seule région des pays de la Loire ou la région Bretagne devra- t- elle prendre part au vote?

Pour le pro le référendum ne sert à rien car il suffit simplement de respecter les décisions et les validations prises au fil des différentes étapes des études et commencer le chantier au plus tôt désormais.

En tout cas, difficile de se positionner.(un peu comme Hollande finalement!!)  Certes, je trouvais au départ ce projet structurant et innovant plutôt séduisant mais j’avoue désormais mon scepticisme.

UN CHANTIER FER DE LANCE DE L’ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE RÉGIONALE :

Il est certain que la construction d’un tel aéroport dont les caractéristiques  en feront l’aéroport du Grand Ouest donnera des milliers d’heures de travail pendant au moins deux ans. Il ne faut pas non plus oublier les travaux d’équipements d’accompagnement comme les infrastructures routières voir et il faut l’espérer les infrastructures ferroviaires pour y accéder dans de bonnes conditions de desserte.

Le dynamisme économique induit est certain car il incitera des entreprises à venir s’implanter dans la région et favorisera la création d’emplois. Dans les années qui suivront sa mise en service, les villes avoisinantes vont se développer encourageant une urbanisation en continuum le long de l’axe Nantes -Rennes.  Mais le sacro saint principe de lutte contre l’étalement urbain que l’on entend de la part de nos décideurs politiques se trouvera alors battu en brèche au fil des décennies et de quelle façon. Mais le BTP a donc tout a gagné à ce que projet se fasse. A nouveau le développement économique prend le dessus et les lobbies des entreprises du bâtiment se réjouissent de voir toutes ces étendues de prairies s’offrirent à eux.

Mais que deviendront tous les aéroports périphériques (Brest, Rennes Poitiers etc etc ), qui sans aucun doute seront fermés pour assurer la rentabilité de la plate forme aéroportuaire de NDDL. Se posera à terme aussi la question du devenir et du maintien du site d’AIRBUS sur la commune de Bouguenais. Il risque de n’être sans doute plus viable puisque les installations aéroportuaires existantes seront, en grande partie, démantelées. Il faudrait alors qu’Airbus, entreprise privée, reprenne une partie des pistes pour son seul usage.

UN PROJET DES TRENTE GLORIEUSES QUI NE SE PRÉOCCUPE PAS DE L’ENVIRONNEMENT NATUREL  :

Les acquisitions ont été décidées dans les années 1970. A  l’époque la croissance économique à deux chiffres inspirait une confiance aveugle dans un avenir toujours meilleurs. On voit ce qu’il est advenue de l’utopie optimiste et baba cool des sixties et des seventies.

Dans le cadre d’une analyse dominicale rapide de la situation, deux choses   à prendre en compte dans l’esprit qui est celui actuellement de notre société  :

  1. Alors que la France s’est voulue donneuse de leçons lors de la COP 21 de décembre 2015, nos politiques locaux veulent un équipement qui va supprimer de nombreuses zones humides sanctuarisées depuis 40 ans et mettre bas un paysage bocager de qualité. Pour les praticiens du droit de l’urbanisme, quand on voit les contraintes que génèrent les prescriptions des lois Grenelle qui pénalisent et renchérissent la réalisation des dossiers d’aménagement (exemple lors de la mise en œuvre d’opérations d’habitat), on peut dire que dans ce dossier de plate forme aéroportuaire, l’État est dans la position du « faites ce que je dis et ne faite pas ce que je fais »
  2. Le contexte économique devrait rendre nos édiles un peu plus modestes et prudents quant à la mise en œuvre de projets qui engage sur le long terme les collectivités qui participeront au financement de cet aéroport. Dans une période de restriction des dotations de L’État vers les collectivités, de déficit budgétaires de l’État qui n’a toujours pas respecté les 3% fixés par l’Europe, nos élus sont dans une logique du « Toujours plus » comme si rien n’avait changé depuis 40 ans. Ce qui m’inquiète c’est que des élus de moins de quarante ans élus lors des dernières élections locales sont dans le même état d’esprit que leurs aînés. Il est vrai qu’il est tellement facile ensuite si le besoin s’en fait sentir d’augmenter les impôts des contribuables que nous sommes pour financer des dépenses somptuaires.

On voit bien que ce dossier pourrit l’actualité locale et nationale. Face à un président qui se conduit comme s’il était encore premier secrétaire du PS, toujours dans l’indécision, et un premier ministre autoritaire qui voudrait aller vite pour réaliser cet équipement vital pour le devenir de notre région, il est temps que le référendum fixe les choses une bonne fois pour toute et que la décision finale permette de sortir de ce jeu de cache-cache interminable entre les pro et les anti aéroports.  Car comme le dit Zig Eiglar « la pire décision de toutes est celle que l’on a pas prise »

Au delà de ce dossier et au travers des réactions liées à la réalisation de grands équipements structurants, il faut sans doute voir une évolution profonde de notre société liée à la prise en compte de la thématique environnementale depuis la convention de Rio en 1992 et le protocole de Kyoto en 2007. De plus en plus la société adhère aux thèses d’une nécessaire décroissance pour aller vers un monde plus juste et surtout plus respectueux de l’environnement.(Les effets du changement climatique se font déjà nettement sentir)

Car dans le contexte actuel s’il est bien une phrase que nous devrions TOUS avoir en tête, et nos notamment nos responsables et décideurs politiques, est celle écrite par Saint Exupéry dans son livre le Petit Prince   « Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants » 

Février 2016

La presse du WE:

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http://www.presseocean.fr/actualite/loire-atlantique-manifestation-anti-nddl-une-tres-forte-mobilisation-27-02-2016-185669

http://www.20minutes.fr/nantes/1795379-20160227-dame-landes-plus-grosse-manifestation-depuis-debut-lutte

http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/27/manifestation-notre-dame-des-landes-arguments-referendum_n_9329722.html

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A propos urbanismeamenagementfiscalite

Ingénieur Principal dans la fonction publique territoriale. Urbaniste qualifié OPQU. Vice président de l'association Urbanistes des Territoires. Membre du conseil d'administration du Conseil Français des Urbanistes (CFDU) Consultant pour le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT)
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Un commentaire pour Aéroport Notre dame de landes : une manifestation pour la protection de l’environnement qui a mobilisé.

  1. Mat44BZH dit :

    La prise en compte des enjeux environnementaux doit aussi et surtout tenir compte de la situation contrainte de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique. En effet, son agrandissement ne serait pas sans conséquence sur la réserve naturelle du Lac de Grand-Lieu (classée d’intérêt international par la convention de RAMSAR). Il faut également prendre en compte un environnement urbain ne permettant pas un tel développement, notamment en terme de nuisances pour les riverains et des risques occasionnés par le survol du centre-ville.
    Et comme vous le rappelez, ce projet n’est pas d’hier. Alors tout les agriculteurs du secteur de Notre-Dame-des-Landes savaient déjà à quoi servirait leur terre (les terres agricoles sont par définition, je le rappel, des terres artificialisés par l’homme).
    Ce projet n’est pas parfait, mais il a au moins le mérite de prendre en compte des mesures compensatoires non négligeables, et c’est le premier aéroport français à bénéficier de la norme environnementale HQE.

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