L’antiquité

L’ANTIQUITE

Les prémices de la ville :

La naissance des villes, mode d’adaptation humaine à des besoins nés de la conquête progressive de la nature pour l’homme[1], remonte à l’origine des établissements humains et à leurs besoins divers et variés pour leur permettre d’assurer leur survie. (nourriture, abris, société…)

Pour Marcel Poète, tout en définitive se résume pour la ville à une condensation d’habitants. Pour lui « La condensation humaine étant liée à la possibilité de faire vivre des gens assemblés sur un point, s’accroît avec le développement de l’exploitation des ressources terrestres et le perfectionnement des moyens de transports »[2]

 

L’agriculture a été par excellence l’élément original des concentrations humaines puisqu’il fallait du temps pour semer, planter puis ensuite obtenir la récolte. Les ressources alimentaires que l’homme tirait de son sol a offert la possibilité à des groupes humains de sortir du nomadisme pour vivre et se développer sur un point fixe.

Pour satisfaire à ses besoins vitaux, l’être humain a du se rendre mobile. Pour circuler facilement, il lui fallait impérativement réduire les obstacles naturels. C’est ainsi qu’en présence d’un fleuve, l’homme a toujours cherché à s’implanter sur des lieux facilement franchissables. Dans le cas d’un fleuve large, à proximité d’un estuaire, la présence d’îles constituait également un avantage pour le franchir aisément à l’aide de gués.

Outre la notion d’alimentation, cette sédentarisation se faisait en fonction de critères variés avec le souci pour l’homme de se protéger. Ainsi, peut s’expliquer la colonisation d’un site défensif ou implanté en hauteur pour dissuader des attaquants. C’est dans cet esprit que naquit l’Acropole d’Athènes ou que les collines du Tibre furent colonisées pour édifier la ville de Rome. De plus, très souvent les villes les plus anciennes n’étaient pas établies en bord de mer en raison des risques de piraterie.

« Aux endroits où un obstacle peut être franchi par l’homme en marche, au long des voies naturelles, à ceux ou il faut s’arrêter en raison d’un changement à apporter dans le mode de circulation ou parce qu’ils sont à la limite de deux régions différentes, une agglomération naît » Une ville comme Lyon illustre parfaitement cette phrase.

Les premières traces de sédentarisation se situent environs 15 000 ans avant notre ère entre la mer baltique et l’océan indien.[3]

Babylone : (2000 ans avant JC)

Pour les historiens, c’est à Babylone que l’on attribue le statut de première ville. Elle se situait en Mésopotamie dans une plaine bordée par le Tigre et L’Euphrate à une centaine de kilomètres au Sud de l’actuel Bagdad.

Babylone, dans la langue de l’époque, signifie «porte des dieux» (de Bab, porte, et El, Dieu). Elle atteint son apogée sous le long règne d’Hammourabi (1792-1750 avant JC). Ce souverain, illustre, achève la conquête des pays de Sumer et d’Akkad et détruit le royaume de Mari, dans la Syrie actuelle. Ce fut aussi un grand législateur.

Ce premier empire babylonien est ruiné vers 1595 avant JC par les Hittites sous la conduite de leur roi Mursili. Ils ont l’avantage sur leurs voisins de maîtriser la métallurgie du fer et non plus seulement du bronze. Leur armement s’avère plus résistant.

Abattus, les Babyloniens passent sous la coupe des Kassites, un peuple venu de l’Est alors que l’Assyrie prend de l’importance dans la région. Les Assyriens ont la même culture que les Babyloniens. Comme eux, ils parlent l’Akkadien, une langue sémitique. Mais ils se montrent plus brutaux et plus rustres. Leur capitale, Ninive, sur les ruines de laquelle est construite l’actuelle Mossoul, se signale par des palais colossaux et sans grâce. Les Hittites, destructeur du royaume du Mitanni qui faisait de l’ombre aux Assyriens, montent rapidement en puissance avec le roi Salmanasar 1er, vers 1274 avant JC. A peine vingt ans après la mort de ce grand roi, survenue en 630 avant JC, l’empire assyrien s’effondre, victime d’une coalition des Mèdes et des Babyloniens. Babylone va retrouver sa grandeur pour plusieurs siècles.

Le 23 septembre de l’an 605 avant notre ère, Nabuchodonosor II est couronné roi de Babylone. Il succède à son père, Nabopolassar.

Babylone est alors entourée d’une double enceinte de 1800 mètres sur 1300. Son périmètre est ponctué de 50 tours dont la plus grande s’élève à 90 mètres de haut et sa base, de 90 mètres de côté, deviendra la tour de Babel. Enfin, le roi fait aménager les jardins suspendus. Une légende prétend qu’il aurait ainsi voulu faire une faveur à son épouse d’origine mède qui regrettait les montagnes verdoyantes de son enfance.

Le quadrillage régulier de ses rues, les avenues tracées pour les processions religieuses, la construction règlementée des maisons, le pont qui enjambe l’Euphrate, ses palais et ses temples en ont fait la plus grande ville de l’orient peuplée de 100 000 habitants.

En ces temps reculés, la ville est un lieu de résidence ou siège l’autorité chargée d’arbitrer entre les pouvoirs des corps sociaux. Mais elle est aussi politique  et militaire.

Ur, ville du IIIème siècle avant JC est située à 80 kms de l’actuel Bagdad et s’étend sur plus de 100 hectares.

L’apparition du phénomène urbain et son premier développement du VI ème au III ème ont pour théâtre les régions semi-arides situées entre le Nil et la Gange, c’est à dire en particulier la Mésopotamie et la vallée de l’indus.[4]

La naissance de la ville correspond à la diversification des activités dont elle est cause et conséquence en faisant apparaître une complexité urbaine liée à la différentiation sociale. Ainsi l’artisanat se spécialise en métiers permanents. La fonction agricole se renforce grâce aux travaux de domestication des fleuves qui libèrent des plaines alluvionnaires pour l’agriculture. Des travaux pour ce faire sont nécessaires (digues, canaux …). La main d’œuvre est certes locale mais le pouvoir politique fait aussi appel à des prisonniers qu’il utilise comme esclave.

« Par rapport à l’agglomération villageoise, le périmètre urbain caractérise d’abord par sa forte densité[5] car la cité c’est d’abord le regroupement hiérarchisé des familles, des hommes ».

Jérusalem, Athènes, Rome : Toutes ces villes bâties sur une colline tiennent une place hors du commun dans la mémoire collective de l’histoire par la fascination qu’elles exercent sur les populations.

Rome à introduit la géométrie des villes en l’organisant autour de deux axes rectangulaires : Le Cardo (Nord Sud) et le Décamamus (Est –Ouest) °à l’intersection desquels se trouvent souvent le forum, lieu de réunion et de rassemblement, entouré par les principaux bâtiments publics. La ville antique est politique et militaire.

Pendant des siècles, une ville n’était généralement qu’un amas de petites maisons construites en briques, disposées sans ordre autour de temples et de palais.

Les ruelles suivaient des tracés irréguliers. L’essentiel étant que l’animal puisse parvenir avec sa charge en tout point de la ville.

La cité[6] antique que ce soit pour Rome ou Athènes constituait un mode de société organisée autour de valeurs collectives et de vie politique. «La cité, c’est d’abord le regroupement hiérarchisé des familles et des hommes »[7]Certes pour Rome l’organisation de la cité était un moyen d’affirmer la suprématie du monde romain au travers des conquêtes des différents empereurs.

A contrario, pour la Grèce, c’est un fonctionnement de vie démocratique qui émergeait de l’organisation de la cité au travers de ses Agoras, (le forum pour la civilisation romaine) vastes places ou les gens se réunissaient pour discuter entre eux.

Dans le monde grec, à partir de la fin du Vème siècle, on peut parler de la naissance de l’urbanisme. Toutes les grandes villes qui s’édifient, de l’Egypte à l’Iran, sont rationnellement aménagées. Elles offrent des commodités jusqu’alors inconnues telles que réseaux d’égouts, ruelles pavées, à quoi s’ajoutent des équipements publics comme les théâtres, les thermes…..C’est ce modèle urbain qui a ensuite été diffusé dans ses provinces par l’empire romain conquérant.

Hippodamos : (Philosophe Ionien)

Il naît à Milet une grande cité grecque de la cote Est de la mer Egée vers 510 av JC. Il est considéré comme le premier architecte fonctionnaliste théoricien de l’habitat urbain. Après la destruction de sa ville par les Perses en 494 av JC, Hippodamos en dirige la reconstruction. Aristote lui attribue le mérite d’avoir répandu dans le monde la notion de tracé régulier.[8]

En 475 av JC, il dresse les plans de la ville du Pirée, le port d’Athènes. Mathématicien et philosophe, il fait partie de l’entourage de Périclès[9] . Son œuvre est celle d’un ingénieur qui a pensé pour la première fois à l’aménagement rationnel des villes. Il invente une conception géométrique de la ville avec l’alignement des habitations de façon moderne[10]. Il transpose dans l’espace, de manière rationnelle, la constitution et l’organisation sociale et politique de la Cité grecque.[11]

L’essentiel réside dès la conception, dans la répartition des quartiers selon leur rôle :

1) le port avec ses quais,

2)  le quartier réservé aux édifices publics,  administratifs et religieux,

3)  les espaces habités.

Le découpage spatial propose donc dans un découpage séparant les habitats en fonction de leur classe sociale en plaçant au centre de la ville une agora. Milet transpose là, mais de manière rationnelle, l’organisation sociale et politique de la cité grecque.

Dès que la topographie du terrain le permet, il développe un plan en damier ou les blocs de bâtiments sont séparés par des avenues rectilignes et perpendiculaires[12].

« Les villes grecques et romaines de l’antiquité connaissent certaines décorations de façades de temples ou de palais, la mise en place de fontaines sculptées, l’édification des solides arcs de triomphe en pierre, la pose de statues à la gloire d’un dieu ou d’un césar à un carrefour important. Cela appartient à la préhistoire de l’urbanisme[13]


[1] Marcel Poète Introduction à l’urbanisme page 85.

[2] Marcel Poète introduction à l’urbanisme p 99.

[3] Soit vers la période mésolithique.

[4] Une histoire de la ville P28 Paul Blanquart.

[5] Une histoire de la ville P29 Paul Blanquart.

[6] La cité du latin citas est dans l’antiquité et au moyen age une unité politique et économique constituée par une ville et son territoire (Définition Larousse 2000)

[7] Numa Denis Fustel de Coulanges (1830-1889) Historien, français auteur de la cité antique en 1864.

[8] Marcel Poete Page 105 introduction à l’urbanisme On attribue aussi à Hippodamos le tracé de la ville de Rhodes.

[9] Périclès 495-429 av JC homme d’état athénien qui s’attacha à démocratiser la vie politique grecque.

[10] Marcel poète Introduction à l’urbanise page 106

[11] Article Rêver la ville centre de documentation de l’urbanisme de la direction générale de l’urbanisme, de l’habitat et de la construction par François Delarue Directeur général.

[12] On retrouvera certaines de ses conceptions au moment de la reconstruction après la guerre de 39-45 voir plus tard encore dans la conception des « grands ensembles ».

[13] Urbanisme  n° 351 Pour une accueillance de l’urbanisme page 63.

Par eric Raimondeau MAJ 18/11/2010

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