Les 17 et 18èmes siècle

LES XVIIème et XVIII ème siècle 

 LE SIECLE DES LUMIERES

 Dans l’histoire de la France, le XVIIIème siècle constitue une époque charnière.  Au sortir de la renaissance et dés le fin du XVIIème (1680 environ), il constitue les prémices de ce qui deviendra l’ère moderne au sens historique de l’expression. En effet il s’étalera sur une période que les historiens situent de la mort de Louis XIV en 1715 à la révolution française.

 Le mouvement des lumières « émane de l’Europe tout entière et non d’un seul pays  Il s’exprime à travers la philosophie et la politique, les sciences et les arts le roman et l’autobiographie »[1]  Le principal apport de ce courant fait de personnalités différentes voire contradictoires, c’est de faire passer les idées dans le monde réel.

 Cette période se caractérise par un fort moment de remise en question de la société française dans de nombreux domaines de la vie. Autre trait caractéristique et important, c’est l’affaiblissement de la monarchie, qui commence à être contester dans son fonctionnement mais aussi dans son existence et son utilité même. Cette période marque aussi la fin de la prépondérance française en Europe et le début de la suprématie anglaise.

 La monarchie française est une monarchie centralisée, absolue et droit divin. Le roi détient les trois pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire.

Le siècle des lumières correspond à une période de contestation et de réflexion sur quatre points principaux :

  1. La contestation du pouvoir monarchique,
  2. Une poussée anti cléricale qui remet en cause l’intolérance religieuse doublée d’une critique de l’ordre social,
  3. L’expression du rationalisme philosophique,
  4. L’exaltation des sciences (les sociétés savantes) qui pousse les érudits à découvrir et à s’interroger sur les lois de la nature[2] au travers de la réflexion théorique approfondie et de l’avènement de la méthode expérimentale.

Le siècle des lumières s’inscrit donc dans « une fracture qui ébranle les assises politiques, religieuses, et sociales de la société traditionnelle »[3]  A cette époque, le modèle de société qui étai traditionnellement à rechercher dans le passé va devenir un projet d’avenir à construire. Parmi tous les protagonistes qui développent toutes ces ides réformatrices avec un vent de liberté de tolérance et de rationalisme philosophique, on trouve Montesquieu, Diderot, Voltaire, Rousseau. Ils développent l’idée et le désir pour l’être humain d’être un individu libre. Pour eux, c’est à l’Etat qu’il appartient de garantir la liberté au travers de la stabilité des lois.

 L’Encyclopédie (Diderot et d’Alembert) est un traité technique très complet sur le arts et les métiers de l’époque. Elle est le fruit d’une coopération avec de nombreux philosophes qui participèrent à son élaboration. Elle contient toutes les connaissances connues à l’époque.

 Ce mouvement intellectuel défend l’idée comme quoi le savoir est un moyen de libération pour l’homme. Il estime qu’il permet au peuple de sortir de l’ignorance par une diffusion très large du savoir.

L’influence de la pensée des lumières s’est manifestée :

a)     Pendant la révolution française durant la brève période de pouvoir des jacobins

b)     Dans la charte d’indépendance des Etats Unis en 1776 et qui reprend au travers de la séparation des pouvoirs, les principes de Montesquieu. De même, si le mouvement des lumières hérite sur le plan politique des avancées de la glorieuse révolution anglaise de 1688, la révolution américaine puis la française seront incontestablement filles des lumières [4]

Les pensées développées au cours de ce siècle ont donc eu un retentissement international. Ces pensées étaient diffusées au cours de salon philosophique ou scientifique[5]. A noter que certains philosophes français eurent une influence importante sur certaines cours royales européennes.

 « Le siècle des lumières est bien celui de la presse, d’une presse qui se spécialise, respecte sa périodicité, fidélise son lectorat, mobilise des plumes. Les auteurs acceptent de rédiger des articles qui traitent du présent (..) en les articulant aux besoins du moment. De ce fait ils politisent leur propos et popularisent les idéaux des lumières malgré l’existence d’une presse monarchique, écclésiatique et ouvertement conservatrice »[6]

Les connaissances nouvelles ne débouchèrent pas tout de suite sur des applications pratiques. Les données ont été utilisées très lentement. Exemple avec l’électricité dont le mécanisme connu au XVIII n’a été utilisé qu’au XIXème. Le siècle des lumières est un siècle qui s’ouvre vers des horizons nouveaux dans tous les domaines de la vie. On trouve dans ce siècles de réflexions et d’analyse les fondements de la science moderne qui commença à s’édifier au 19 siècle et qui s’amplifiera au XX siècle.

 On peut donc dire sans crainte que le principal héritage du XVIII ème siècle fut l’idéologie de projet

Dans (son livre) « les éclats du rire la culture des rieurs au 18ème siècle » Antoine de Baerque démontrait combien le rire dans ses formes divers (…) a contribué à  la formation politique des français et comment l’humour comme arme de dissidence donna naissance à un grand nombre de sociétés, clubs et académies au siècles des lumières[7]

L’aire d’influence des philosophe de cette période est importante. On peut même dire que le code civil de 1804 de l’ère napoléonienne porte la marque de leur influence. Ils ont en effet « préparé le succès d’une conception de l’homme et du monde, contraire à l’inspiration du droit de l’ancien régime, complètement abandonnée par les révolutionnaires. Pour eux la réalité humaine commence et s’arrête à l’individu, un individu abstrait  libre et autonome qui se détermine volontairement et rationnellement sans que son libre arbitre puisse être en rien altéré. Le code civil de 1804 est généralement décrit comme une œuvre de compromis entre ces des deux idéologies la traditionnelle qui a exercé son influence pendant des siècles et celle qui prend bientôt le dessus[8] » lors de la propagation des idées de la révolution françaises.   

 L’urbanisme au XVIIIème siècle :

A l’époque le mot urbanisme n’existe pas dans sa conception qu’il connaît aujourd’hui. Mais l’urbanisme se pratique principalement au titre de l’embellissement des villes.

 En effet, au cours du XVIII, la cité s’affirme, dans nombre de vile européenne entre 1720 et 1770 par son élégance et sa beauté au travers des places des bâtiments et des promenades publiques. Cette étape a été précédée par celle du XVII qui a vu la libéralisation d’espace grâce à la démolition des remparts.

 Ces embellissements sont la conséquence de la volonté des hommes mais aussi de l’économie de transformer le tissu urbain par une réflexion sur la ville qui en fait voit naître une première civilisation de la circulation.

 Pour les transports la mise en place des relais postes va générer une augmentation des déplacements en lien avec pour l’époque (alors que le chemin de fer n’existe pas ) trois améliorations majeures : L’état des routes, des relais et des chevaux. Le service de vient de plus en plus rapide. Il fallait une semaine sous Louis XIV pour faire Paris Marseille et trois jours sous Louis XVI.

Durant le siècle des lumières on assiste à un retour en force des idées hygiénistes qui prône la circulation de l’air et de la lumière et de l’eau en préconisant l’ouverture de l’espace urbain, la construction de fontaines et le transfert des cimetières hors des villes. Ceci résulte des piètres résultats de la médecine qui au XVIIème  redécouvre Hippocrate et l’importance du milieu sur la santé publique.

 A partir de Paris la ville a impulsé la révolution française mais ce ne fut pas une révolution de la ville. Ce fut avant tout une révolution politique.

 Les révolutionnaires n’ont pas faits de projets d’urbanisme audacieux ni engagés les transformations nécessaires pour réaliser des aménagements publics (percées de rues, espaces centraux,) améliorer l’hygiène (circulation de l’eau et traitement des eaux usées) et la salubrité (nettoiement)

 Les transformations urbanistiques préconisées au XVIIIème siècle par les hygiénistes des lumières seront réalisées tardivement (plus de 30 ans après la révolution) Les problèmes des rues et de la distribution de l’eau s’aggravent après la 14 juillet 1789.

 

[1] Propos de l’essayiste  Tzvetan Todorov dans le monde du 27 mars 2006page 27 Actualité et héritage du siècle des lumières.

[2] 1749 : Publication des trois premiers volumes de l’histoire naturelle de Buffon

[3] L’esprit des Lumières et leur destin par Bernard Laurent Editions Ellipses » introduction

[4] Le Monde du 23 mars

[5] I est à notre que ces rassemblements se déroulaient alors que la notion de rassemblements ou regroupements ne fut reconnu qu’à la fin du XIX siècle avec les syndicats et en 1901 avec la loi sur les associations

[6] Urbanisme N° 367juillet-août 2009 Ville et presse écrite : le divorce ? Page 44

[7] Le Monde du 14 janvier 07 Analyse humour et politique par Macha Séry

[8] Le droit civil Christian Atias Editions PUF page 15

Une réflexion au sujet de « Les 17 et 18èmes siècle »

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